Le Joker demeure l’un des antagonistes les plus fascinants de l’histoire du cinéma. Né dans les comics DC en 1940, l’ennemi juré de Batman a traversé les décennies pour devenir une véritable icône culturelle. Sa complexité psychologique et son imprévisibilité ont attiré certains des plus grands acteurs d’Hollywood, chacun apportant sa vision unique à ce personnage légendaire.
Cesar Romero : le Joker originel
C’est Cesar Romero qui a le premier donné vie au Joker sur grand écran dans le film Batman de 1966, prolongement de la série télévisée éponyme de l’époque. Son interprétation théâtrale correspondait parfaitement à l’esthétique colorée et légère de la série.
Avec son rire caractéristique et ses farces loufoques, Romero a établi les bases visuelles du personnage, notamment le maquillage blanc iconique et le sourire rouge écarlate. Anecdote amusante : l’acteur refusait de raser sa célèbre moustache, visible sous le maquillage blanc.
Jack Nicholson : la consécration
En 1989, Tim Burton révolutionne l’univers Batman avec une vision plus sombre et gothique. Jack Nicholson y livre une performance mémorable, mêlant humour noir et menace tangible. Son Joker est un gangster défiguré par un bain d’acide qui bascule dans la folie.
Nicholson apporte une dimension théâtrale au rôle, avec des mimiques expressives et une présence scénique imposante. Sa phrase culte « Ever danced with the devil in the pale moonlight ? » est entrée dans la légende du cinéma.
Heath Ledger : le plus marquant
L’interprétation de Heath Ledger dans The Dark Knight (2008) de Christopher Nolan reste une référence absolue. Son Joker est un agent du chaos, terrifiant et imprévisible. Ledger s’est immergé totalement dans le rôle, développant une voix gutturale distinctive et des tics nerveux qui rendent le personnage profondément dérangeant.
Sa performance lui a valu un Oscar posthume, consacrant définitivement le Joker comme un rôle de composition. Le jeu de Ledger a ainsi transcendé le genre du film de super-héros pour y donner une dimension plus profonde.
Jared Leto : la version controversée
Dans Suicide Squad (2016), Jared Leto propose un Joker radicalement différent : un gangster moderne aux dents en or et aux tatouages provocants. Cette vision a divisé les fans et la critique.
Bien que son temps d’écran soit limité, Leto tente d’apporter une énergie menaçante et une esthétique contemporaine au personnage. Malheureusement, le montage final du film ne lui permet pas de développer pleinement sa vision.
Joaquin Phoenix : le portrait psychologique
En 2019, Joaquin Phoenix offre une approche radicalement différente avec Joker de Todd Phillips. Ce film inspiré de Taxi Driver et de La Valse des Pantins explore les origines du personnage à travers Arthur Fleck, un homme marginalisé par la société qui sombre progressivement dans la folie.
Phoenix livre une performance physiquement et émotionnellement intense, perdant 24 kilos pour le rôle. Son interprétation lui vaut l’Oscar du meilleur acteur et redéfinit le personnage comme une étude de caractère sur l’isolement et la maladie mentale. On préfère ne pas évoquer la suite complètement ratée Joker : Folie à Deux…





